Ariane de Massenet – un opéra – un projet – une cagnotte participative

Pour que la culture perdure, pour que les artistes continuent de mettre leur art au service du beau et surtout d’illuminer un monde devenu bien gris, il va falloir trouver de nouvelles manières de financer.

Jadis c’était le rôle des princes, puis des grands bourgeois, plus tard des villes et enfin de l’Etat. Le mécénat d’entreprise qui a eu du mal à s’installer s’est concentré, comme les aides de l’Etat ou des régions, sur les mastodontes plus ou moins sacrés ou les productions à la mode.

Depuis toujours, les initiatives plus modestes en notoriété mais pas moins grandes en qualité, sont inventives pour offrir au plus grand nombre des perles. Perles d’artistes, mais aussi perles en matière d’œuvres. Et il y a dans ces projets effervescents une passion que le public ne se lasse jamais de ressentir dans la proximité que ces productions créent avec lui.

Voilà pourquoi, je suis vraiment heureux de pouvoir vous présenter, un projet lyrique qui s’inscrit dans la continuité d’un élan déjà bien ancré. D’autant plus heureux, qu’il s’agit d’une oeuvre d’un compositeur et d’une époque qui me sont chers.

Avec Ariane de Massenet c’est un univers trop peu connu qui s’ouvre à nous. Avec Res Lyrica c’est un souffle passionné fait d’exigence et de sobriété qui se déploie.

Mais un tel projet nécessite des fonds et le défi d’une production lyrique du XXème français est tout simplement pharaonique, même dans une version concertante. Voilà pourquoi Res Lyrica ouvre une cagnotte.

Si vous permettez au chef d’orchestre un mot, je dirai que diriger une oeuvre financée par le public créé une qualité relationnelle musicale unique car c’est toute la salle qui est partie prenante. Pour le public, pour les donateurs, même s’ils ne peuvent assister au concert, c’est comme avoir son nom sur la pierre d’un château qu’ils ont contribué à restaurer.

Mais je laisse la parole à l’équipe, en tirant un amical chapeau au directeur musical de l’aventure Herve Oléon.

En 2015, l’Association RES LYRICA présentait salle André Marchal à Paris le drame musical Thérèse de Jules Massenet, en version concertante avec piano, avec la participation exceptionnelle de Michèle Command dans le rôle-titre. Cet ouvrage, relativement bref, mais d’une grande intensité dramatique, n’avait pas été rejoué dans la Capitale depuis 1930.
En 2017, nous fêtions à Bougival, en concert, en conférence, en dévoilement de plaque commémorative, mais aussi à l’édition, le 70e anniversaire de la disparition de Lucy, ultime égérie de Massenet.

En 2019, RES LYRICA a poursuivi sa démarche en faveur du grand compositeur français, en proposant d’abord le 12 mai un concert anniversaire, intitulé « Massenet fêté par ses disciples », en l’église de Saint-Mandé, avec le Quatuor à cordes des Possibles. Puis le 16 octobre dernier, c’est avec le drame passionnel Cléopâtre que l’Association clôturait sa saison, en réunissant dix artistes – chanteurs solistes, pianiste, percussionniste, danseur, créateur graphique – sur la scène de la prestigieuse salle Cortot à Paris, à l’occasion du centenaire parisien de l’ouvrage.

En 2020, c’est avec un autre ouvrage lyrique tardif de Massenet, l’opéra Ariane, que nous envisageons nos principales perspectives. Considérant le succès précédemment rencontré par le format concertant avec piano et chanteurs solistes, nous avons souhaité l’appliquer à cette imposante partition, en sélectionnant ses extraits les plus significatifs, de façon à conserver environ une heure et demie de musique. Précisons qu’Ariane est, dans l’œuvre monumentale de Massenet, une rareté parmi les raretés. S’il a fait l’objet de trois représentations à St-Etienne en 2007, cet opéra n’a pas été rejoué à Paris depuis 1932. Le sens de notre démarche est une fois encore, à notre modeste échelle associative, d’en redonner un large avant-goût de qualité, en attendant que quelque éminent promoteur musical, puisse – et veuille ! – raviver toute sa force vocale, orchestrale, scénique et chorégraphique.

Avec Ariane, on touche déjà – l’exacerbation viendra six ans plus tard avec Roma – à un haut niveau d’aboutissement de la réinterprétation de l’esthétique wagnérienne par Massenet. Déjà s’instaure une continuité de l’action qui ne se raisonne plus par tableaux parfois dissociés mais en actes complets ; déjà s’estompent, à quelques exceptions près en début d’ouvrage (pour les personnages d’Ariane et Pirithoüs) les grands airs traditionnels dans l’opéra français, au profit d’interventions courtes et intenses où la Musique vient se fondre avec le texte, et non plus le contraire ; la voix devient alors davantage porteuse de sens qu’essentiellement instrument sonore, tandis que l’orchestre alterne effets d’ombres et de lumière. Ainsi, cet opéra, loin d’être légitimement oublié, se caractérise-t-il par une grande complexité d’élaboration et une recherche esthétique en constant renouvellement chez Massenet.

 

Pour l’heure, le soutien de la Société Prévent’homs nous permet de couvrir l’essentiel des frais préparatoires (frais de répétitions, achat de matériel, location de studios de travail, supports de communication…). Toutefois le contexte sanitaire nous fait craindre une contrainte sur la jauge du public que nous pourrons accueillir et donc une répercussion non négligeable sur les recettes d’un concert que nous souhaitons néanmoins produire sur la base d’une libre participation aux frais. C’est pourquoi votre aide complémentaire nous est essentielle, à la hauteur des moyens de chacun. Le moyen le plus simple, en toute sécurité, est de participer à la cagnotte Leetchi ouverte dès à présent, à laquelle vous pouvez accéder au moyen du lien suivant :

http://www.leetchi.com/c/ariane-opera-de-jules-massenet

 

Consultez le dossier de presse, la distribution

Dossier ARIANE LD

 

Cyril Brun

Cyril Brun, musicien, chef d’orchestre, directeur artistique de plusieurs structures et festivals, membre du Conseil d’administration de Beethoven France, docteur en histoire antique, chargé de cours à l’université de Quimper, mais également passionné de bon vin et de bonnes tables.

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